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Von : Budnic | Donnerstag, 5. Mai 2005 um 23:36
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Pyjam
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Si le sujet vous intéresse, il existe un Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire :
https://www.amazon.fr/dp/B07H8F99D6/
Il est gratuit. Il existe aussi une version ePub.
 
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_seb_
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Quelques retours de lecture…

Comme évoqué il y a quelques pages, après Soeurs je suis parti sur le dernier Minier hors Servaz : M, le bord de l’abîme. Le contexte de multiplication des devices “intelligents” et l’exploitation du bigdata dans notre quotidien s’intègre dans une visite très (trop ?) détaillée de Hong-Kong mais l’intrigue fait rapidement flop (et que dire du twist éculé de la fifille qui retrouve son papounet psychopathe qui l’avait abandonnée…). Encore une fois déçu par Minier, je pense qu’on ne m’y reprendra plus…  Forcément gros choc avec la lecture à la suite de Tim Willocks avec La mort selon Turner. C’est dur, c’est violent, c’est prenant, la construction est parfaite. On sait très bien comment ça va se finir parce qu'il n'y a pas d'issue possible mais qu’est-ce que c’est bon ! En attendant le troisième tome de Mattias Tannhauser, je vais aller me chercher Green River. Quel auteur !

En parallèle de ces lectures one-shot, j’ai toujours un ou deux fils rouges et je souhaiterais revenir sur deux d’entre eux… Le premier est la saga des Rois maudits de Maurice Druon. J’avais quelques souvenirs de vagues images télévisuelles un peu palôtes (la première adapatation) ou carrément surjouées (la seconde avec un Torreton risible) et j’avais hésité à jeter un coup d’oeil au premier tome… C’est une interview de George RR Martin qui citait Maurice Druon comme son maitre d’écriture en qualifiant Les Rois Maudits d’origine à Game of Thrones qui me l’a remis en tête. J’ai lu le premier, puis le second…. jusqu’au 6ème puis enfin au 7ème… Sans me lasser des personnages, des intrigues, confrontant ces lectures avec des plongées dans des bouquins ou sites historiques au delà des ouvrages pour vérifier si telle ou telle histoire fait partie de la grande Histoire ou si elle était juste un artifice de romancier… Un énorme plaisir pour un passionné d’histoire.

Le second est connu dans l’imaginaire collectif mais jamais lu en ce qui me concernait, il s’agit de David Copperfield de Charles Dickens. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce faux récit autobiographique. On découvre l’Angleterre du début du 19ème par l’évolution de personnages autour du héros, chacun de ces personnages va amener avec lui un cadre tragique, dramatique ou comique ainsi que le style qui lui est propre (Heep, Micawber…) mais toujours à travers les yeux du héros. Ce héros un peu naïf qui découvre souvent bien après le lecteur une vérité ou un dénouement alors qu’il en avait lui-même tissé la trame. Enormément de plaisir, je vais du coup poursuivre avec Les grandes espérances.

Au programme pour la suite, je vais repartir vers un peu de fantasy avec quelques tomes en retard de Garett, détective privé de Glen Cook…

 
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Pyjam
Pyjam

Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle
Le scénario le plus compliqué de l'année : “Un jour sans fin” à “Downton Abbey” écrit par Agatha Christie et David Lynch !
Vous êtes condamné à revivre la mort d'Evelyn Hardcastle tant que vous n'aurez pas découvert son assassin.
Un roman impossible à lâcher.
 
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znokiss
znokiss
Tu le vends bien !
stueur
stueur
En effet, il est aussi dans ma liste des prochaines lectures ! Enfin, dès qu'il sort au format poche.
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stueur
stueur
Je viens de terminer Axiomatique de Greg Egan.
On parlait de Hard Science un peu plus haut, pas sûr d'y être à 100% mais ça s'en approche.
Il s'agit d'un recueil de nouvelles (18 pour être précis). Toutes ne sont pas bien. L'écriture est parfois un peu complexes (termes techniques et j'ai le sentiment que la qualité de la traduction n'est pas toujours au top). Mais la diversité des sujets, leurs originalités et leurs traitement font de ce livre un "must have" à mon avis.
Je ne sais pas si je lirais des romans de cet auteur car il n'est quand même pas facile à lire (rien de comparable avec Ian McDonald pour autant, je vous rassure!). Les thèmes abordés sont vraiment très intéressants et ont souvent tendances à pousser la réflexion et faire questionner le lecteur.
Vraiment un livre top!
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Pyjam
Pyjam
Axiomatique est une icône de la culture Hard SF. Un must read, effectivement.
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stueur
stueur
J'ai lu le Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire d'Apophis (créateur du blog lecultedapophis.com) suite au poste de Pyjam un peu plus haut.

Alors déjà, il ne s'agit pas d'un roman mais bien d'un guide, presque un dictionnaire. Il a pour but de permettre le classement des oeuvres littéraires apparentés à la fantasy, la science-fiction, et le fantastique. L'idée est bonne et je pense que cela pourra aider ceux veulent effectuer des recherches de titres avec des thèmes pointus.

A côté de ça, j'ai quand même le sentiment que classer de façon rigide une oeuvre dans telle ou telle catégorie est réducteur dans le sens où énormément de livres se retrouvent à la croisée de plusieurs thèmes. De plus, tout le monde n'a pas la même définition d'un genre et il s'en créé de nouveaux de façon très récurrentes (c'est le l'auteur qui mentionne ces 2 derniers aspects). Si je devait faire une comparaison, je dirai que c'est comme pour le Hellfest : il y a tellement de genres qu'il n'y a pas 2 groupes à l'affiche du Hellfest qui ont un genre en commun. (Ok, j'exagère un peu... mais pas tant que ça non plus). Et du coup, pour le néophyte cela ne veut plus rien dire et cela ne l'aide plus dans sa recherche, cela ne parle qu'aux connaisseurs...
D'un autre côté, on a un côté "name dropping" qui pour le coup est plutôt intéressant car cela donne des listes de lecture.
Pour finir, le livre a le défaut de s'appuyer sur des noms de livres pour illustrer ses propos, cela sous-entend de connaitre le livre pour comprendre ce que veut dire l'auteur.

En résumé, un livre intéressant et rapide à lire mais qui s'adresse avant tout à des personnes qui ont assez de bagages fantasy/SF/fantastique pour l'apprécier à sa juste valeur et ne pas se noyer sous la quantité de genres et sous-genres détaillés.
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Pyjam
Pyjam
Il est certain que la classification au sein des sous-genres de la science-fiction n'est pas un problème simple. Le genre lui-même ne se laisse pas définir facilement. Au point que Margaret Atwood ne voulait pas croire qu'elle avait écrit de la SF avec La Servante écarlate (sous prétexte que c'était une histoire possible), et que la plupart des gens pensent que Star Wars est de la science-fiction (puisqu'il y a des vaisseaux spatiaux et des extra-terrestres). Je pense qu'il existe presque autant de sous-genre de la SF que de (bons) auteurs de SF.

Même un auteur comme Greg Egan — souvent considéré comme le pape de la Hard SF —, si on ne connaît pas son œuvre, se basant sur cette seule classification, on pourrait croire qu'il écrit seulement des récits où la science est toujours exacte et est décrite avec la plus grande minutie. En réalité, ses romans les plus connus sont écrits sur des hypothèses qu'il juge lui même hautement improbables ou fausses, mais qui sont amusantes à explorer (Isolation, La Cité des permutants).

Puisque tu as lu son recueil Axiomatique, tu peux constater que ce qui intéresse souvent Egan c'est de montrer comment des développements scientifiques probables peuvent amener des transformation sur l'humain et sur la société, et pas qu'en bien la plupart du temps. Je trouve que c'est en cela que Egan est un auteur important, et j'imagine que c'est pour cette raison qu'il intéresse les profs de philo comme M. Phi. De ce point de vue, Egan rejoint Robert Charles Wilson qui aime surtout montrer comment une situation hors du commun affecte les gens, mais ne s'intéresse pas aux détails techniques.

Quoiqu'il en soit, la classification est bien utile pour avoir un minimum de repères.
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Pyjam
Pyjam
znokiss dit :Tu le vends bien !

Je peux faire mieux. Je me suis fendu d'une courte critique pour ce coup de cœur de l'été :

Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle est un roman à suspense que j'ai eu bien du mal à lâcher pour aller me coucher !

L'intrigue, complexe à souhait, semble être le produit de la rencontre improbable d'Agatha Christie et de David Lynch auxquels on aurait prêté le décor de la série Downton Abbey, mais pour une journée seulement. Qu'à cela ne tienne, la même journée se répètera dans ce décor jusqu'à ce que l'énigme du meurtre d'Evelyn Hardcastle soit résolue.

Le narrateur… mais au fait, le narrateur c'est vous ! car l'histoire est écrite au présent et à la première personne pour renforcer l'immersion. Ainsi, vous serez amené à revivre la journée selon le principe bien connu de la boucle temporelle rendue célèbre par le film Un jour sans fin. Mais, histoire de pimenter la chose, chaque journée se déroule dans le corps (et avec la personnalité) d'un nouveau personnage — ce qui ouvre d'énormes possibilités !

Ce roman est décidément bien malin, amusant, et plein de surprises !

Vous avez huit jours pour trouver le coupable. Autrement, vous oublierez tout, et vous recommencerez du début ! Un procédé qui évoque la roue du karma. Alors, je vous souhaite un bon karma.

 

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stueur
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Pyjam dit :Quoiqu'il en soit, la classification est bien utile pour avoir un minimum de repères.

Je suis complètement d'accord ! La subtilité est de savoir à quel niveau de détail/sous-genre aller en fonction de la personne à qui on s'adresse.

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stueur
stueur
Aujourd'hui, débrief de Sanchez, un conte de Noël par l'auteur de la série du Bourbon Kid, Anonyme.

Il s'agit d'une longue nouvelle ou d'un court roman (compter 1h30 à 2h de lecture), disponible uniquement sur liseuse (ou en anglais si vous le voulez au format papier).

Le pitch : parodie de Piège de cristal avec Sanchez dans le rôle de John McClane et Flake dans le rôle de la femme de John. Petit plus, c'est l'avant veille de Noël, le 23 décembre, et Sanchez est sur le point de perdre Flake qui en a marre de cet égoïste crado... Il va donc devoir reconquérir le coeur de Flake en bottant le cul des méchants.

Mon avis : c'est trop court pour développer une intrigue sympa. C'est trop facile. C'est pas très drôle.
Bref, j'adore al série mais là ça sent le coup de com' / teaser pour faire patienter les aficionados mais ça n'est vraiment pas gênant de ne pas lire cet épisode.
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kaiser sauze
kaiser sauze
Outresable c est sympa,bien écrit,ça se lit bien mais sans plus.

Le prince marchand le tome 1 de la hanse galactique. Très bonne surprise pour un genre très particulier:une sorte d antihéros truculent à souhait et sexiste. Pourrait parfaitement correspondre physiquement au personnage de Depardieu de nos jours.
C est pas le livre de l année mais pour l été c parfait.

Je viens d entamer Les chronolithes et pour l instant j ai dévoré les 100 premières pages en espérant que la suite soit du même acabit. 
Proute
Proute
De mon côté, simplement Glacé, juste avant d'aller dans les Pyrénées. Bon, c'était pas la même saison du tout.
J'ai été happée par le style de l'auteur dès les premiers chapitres, et si j'ai bien aimé l'histoire dans sa globalité, il y a plusieurs petites choses que je n'ai pas trop aimées, la principale étant les 50 pages qui restent à lire après le dénouement de l'histoire. C'est chouette, on en sait plus sur la personnalité de Servaz et toussa, mais pour moi (et j'ai peut-être tort), un bon polar est celui qui te tient en haleine tout du long et dont le point culminant, la résolution de l'histoire, est aussi le point final ou presque.

Là on sent bien qu'il place des trucs pour la suite, mais c'est un peu plat après l'apothéose. Apothéose juste après laquelle les événements se déroulent avec une happy end qui ne cadre pas trop avec l'ambiance plus noire du polar plus tôt.

Bref, j'ai quand même assez aimé pour penser lire une autre enquête de Servaz, à l'occasion, mais je n'ai pas spécialement hâte.


En attendant, j'ai commencé le cycle des Epées de Fritz Leiber, c'est assez rafraîchissant, même si on voit bien les travers de l'époque (années 40 quand il débute le cycle), ça me fait penser un peu à la série TV Xéna et aux films de Conan avec toutes leurs aventures improbables. Voilà, mais je n'ai lu que le premier tome pour l'instant.
Chakado
Chakado
Enfin lu le classique Rêve de Fer, de Norman Spinrad.
Et... euh... c'est ultra-chiant, en fait.
Je pige bien le concept, je trouve l'idée plutôt excellente, mais dans les faits c'est juste horrible à lire.
On se tape donc un roman écrit par Adolf Hitler si ce dernier était devenu écrivain de science-fiction au lieu du dictateur que l'on sait. C'est mal écrit au possible, sans aucun sens du récit et de la progression dramatique, avec un Adolf Hitler qui ressasse en boucle ses obsessions de pureté de race, d'ultra-violence à l'égard des groupes jugés inférieurs, de parades militaires bien rangées... C'est ultra répétitif et le héros ne vit aucun conflit, aucun doute, aucune évolution, rien qui pourrait nous faire nous intéresser à lui.
Alors bien sûr, tout cela est voulu par Norman Spinrad, mais il est difficile de croire que ce roman a pu avoir du succès et être récompensé d'un Hugo Award. Peut-être parce que je le lis avec les yeux d'un lecteur d'aujourd'hui, habitué à détecter les sous-entendus fascistes dans une oeuvre de fiction (et là, on n'est plus dans le sous-entendu, c'est la transposition telle quelle de l'arrivée du nazisme au pouvoir).
Alors certes, il y a une post-face passionnante d'une dizaine de pages, qui explicite ce succès et le contexte historique. C'est très réussi. Mais fallait-il se taper une purge avant pour profiter de cette post-face ?

Si le propos est de disséquer les tendances fascisantes de la fantasy et de la SF, très bien, mais pour fonctionner il aurait fallu que le roman soit plaisant, pour qu'on en arrive à voir ce que le fascisme peut avoir de séduisant.
Par exemple, quand Alan Moore, dans Watchmen, donne un gros coup de pied politique dans le genre du super-héroïsme, il le fait au moins via une histoire à se damner et des personnages tangibles.

Bref, j'avoue être perplexe.
frayaka
frayaka
Nexus sur les conseils d'un collègue et d'habitude je ne suis réticent quand il y a trop de science (surtout cyberpunk), mais le côté anti manichéen m'a bien plu.

Une drogue permet de connecter les esprits des gens, d'y lancer des routines, d'atteindre un statut surhumain voire post'humain, un office de répression genre DEA est sur le coup et envoie une agente enquêter...


j'entame la suite du coup
Pyjam
Pyjam
frayaka dit :Nexus sur les conseils d'un collègue…
j'entame la suite du coup

Sexus ?
 

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frayaka
frayaka
bah non :)  Crux et Apex
kaiser sauze
kaiser sauze
Bon je viens de finir Les chronolithes. J ai trouvé ce livre excellent même si je trouve que la fin manque de surprises contrairement aux avis que j avais lus. Sinon je trouve le thème prenant,les implications interessantes,du suspens,des interactions familiales,...
Des que je rentre de vacances j embraille sur le tome 1 de Spin du même auteur.
DuncanIdaho
DuncanIdaho
Les chronolithes est un bon roman, mais Spin est à mon avis bien meilleur encore. Les suites, que je n'ai pas lues, ont moins bonne réputation mais Spin n'en a pas besoin, il se suffit à lui-même. Bonne lecture !
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znokiss
znokiss
DuncanIdaho dit :Les chronolithes est un bon roman, mais Spin est à mon avis bien meilleur encore. Les suites, que je n'ai pas lues, ont moins bonne réputation mais Spin n'en a pas besoin, il se suffit à lui-même. Bonne lecture !

Je partage cet avis. J'ai lu les Chronolites après Spin, je l'ai trouvé en deçà.

Pour la trilogie Spin, j'ai trouvé le 2ème (Axis) moyen, mais le 3ème (Vortex) stratosphérique.. Il porte loin son idée, et je comprends qu'on puisse ne pas accrocher, mais j'ai adoré ça.


Toujours de Wilson, je conseille également Darwinia, qui m'a laissé une belle impression d'adaptation du jeu "Le 7th Continent".
Le pitch :
En mars 1912, survient un événement que certains qualifieront rapidement de « miracle » : l'Europe, dont la majorité de l’Angleterre, ainsi qu'une grande partie de l'Asie et de l'Afrique disparaissent subitement, ainsi que la totalité de leurs habitants. Ces territoires sont alors remplacés par une nouvelle masse continentale recouverte par une faune et une flore étranges, qui semblent avoir suivi un chemin différent de l'évolution. Par dérision, ce nouveau monde est appelé Darwinie.

Là aussi ça part loin sur la fin, mais je trouve ça assez extra.

DuncanIdaho
DuncanIdaho
Lectures de l'été :

Je m'étais gardé sous le coude un bouquin de mon auteur préféré : l'inclinaison de Christopher Priest. J'ai déjà dû parler de lui plein de fois en bien dans ce sujet et là encore, je n'ai pas été déçu. Il s'agit d'un de ses derniers romans. Si on le compare avec ce qu'il écrivait plus tôt dans sa carrière, comme le monde inverti ou le prestige, il a clairement tourné le dos à toute tentative d'explication rationnelle des phénomènes étranges qui peuvent ponctuer son histoire. Cela peut dérouter un lecteur non averti car on est avant tout dans une affaire de ressenti. Christopher Priest est souvent comparé à Dick car il s'interroge sur ce qu'est la réalité. Sa réponse est que finalement, les faits importent peu, seul ce que peuvent ressentir les personnages est réel, ou ce dont ils se souviennent. L'inclinaison pose la question du temps qui passe et en bon écrivain fantastique, il va y avoir des sortes de voyages dans le temps avec les paradoxes qu'ils peuvent impliquer. Mais en ne cherchant pas vraiment à les expliquer, Christopher Priest peut s'affranchir des schémas classiques dans ce genre d'histoire et proposer quelque chose de neuf.

Un autre élément important de l'inclinaison est la langueur du récit. Comme dans beaucoup de ses derniers romans, l'action se passe dans son univers fictif de l'Archipel du Rêve. Le personnage principal de l'histoire voyage par bateau d'île en île, répétant inlassablement les formalités administratives liées à chaque débarquement ou embarquement, subissant des climats changeants, en étant finalement baladé sans vraiment donner l'impression de faire des choix. Il subit ainsi son voyage plus qu'autre chose, un voyage par ailleurs assez pauvre en action. Par ce moyen, le lecteur devient un peu acteur de l'histoire puisque le livre a un rythme, mais un rythme lent et bien à lui, qui fait que nous aussi, nous perdons un peu cette notion du temps qui passe.

Enfin, le roman traite d'autres thématiques chères à l'auteur et que l'on peut retrouver dans ses autres romans : la figure du frère disparu et du double en général, les arts, la guerre et son impact sur ceux qui en sont à la périphérie entre autres.

Il s'agit donc d'un roman fantastique d'ambiance et comme Christopher Priest est un formidable écrivain, je me suis une fois de plus laissé séduire. Je recommande donc pleinement si c'est le genre de livre qui vous intéresse. Ce n'est par contre sans doute pas le roman que je recommanderais en premier à quelqu'un qui souhaiterait découvrir Priest et en particulier son Archipel du Rêve.
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DuncanIdaho
DuncanIdaho
Lectures de l'été, suite :

J'avais embarqué dans ma valise un recueil de nouvelles de Lucius Shepard, sous des cieux étrangers. C'est un livre qui m'a tellement marqué à sa lecture qu'en fait, je l'avais déjà lu et que je ne m'en rappelais pas. Pire, il a fallu que j'avance significativement dans la première nouvelle pour en être sûr. Je me suis arrêté après celle-ci et j'espère que cette fois-ci, je ne me referai pas avoir. Il faudrait peut-être que je mette un post-it dessus pour me rappeler que je l'ai lu. Je suis donc passé à autre chose.

J'avais pris également la Ballade de Black Tom, de Victor Lavalle. J'avais été intrigué par cette Lovecrafterie qui selon les critiques sortaient du lot. Il faut rappeler le principe du bouquin : Lovecraft était un génie du fantastique mais malheureusement un génie profondément raciste. Parmi ses nouvelles, l'Horreur à Red Hook est l'une des plus embarrassantes à lire aujourd'hui de ce point de vue. Victor Lavalle a eu l'idée assez amusante de réécrire cette nouvelle en gardant les faits originaux mais en inversant le point de vue. Au lieu de la voir à travers les yeux d'un homme blanc vivant mal la mixité raciale du New York des années 20, le personnage principal est un musicien noir, arnaqueur au bon fond et victime du racisme.

De prime abord, l'idée est bonne. Le problème est qu'en cherchant absolument à s'opposer à Lovecraft, l'auteur passe d'un extrême à l'autre et livre lui aussi un récit très caricatural. Je pense qu'aujourd'hui, chaque lecteur doué d'un minimum de bon sens est capable de voir que Lovecraft avait ses défauts. En sautant les pieds dans le plat en portant des bottes lestées, l'auteur manque selon moi l'occasion de livrer une réflexion un tant soit peu subtile et intéressante. Sorti de là, je ne sais pas si j'ai lu un hommage raté sensé provoquer la réflexion ou un gros bras d'honneur à un auteur mort depuis longtemps. Ajoutons à cela que n'est pas Lovecraft qui veut et que l'histoire n'est pas très bien racontée. Je pense que vous aurez compris que je fais pas parti de ceux qui la recommandent. Dans le genre réécriture critique de Lovecraft, et notamment de cette Horreur de Red Hook, je recommande une nouvelle fois la bande dessinée Providence d'Alan Moore, qui ne joue vraiment pas dans la même catégorie.
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DuncanIdaho
DuncanIdaho
Lectures de l'été, re-suite :

Je ne pouvais pas en rester là. J'ouvre donc ma fidèle liseuse et je constate qu'il s'y trouve, Ô miracle, un Christopher Priest que j'avais oublié, Conséquence d'une disparition ! Je ne vous refais pas le laïus total, vous aurez compris que Christopher Priest est mon idole. Mais cette fois-ci, le roman est certes une fiction mais pas vraiment de fantastique, même si l'action racontée au présent se passe dans quelques années, dans un monde post Brexit où l'Ecosse a repris son indépendance et est restée dans l'UE. Pour un Christopher Priest, le principe est étonnamment simple : le narrateur a manifestement perdu son amour de jeunesse dans l'avion qui s'est crashé sur le Pentagone le 11 septembre 2001 mais n'a jamais eu confirmation définitive de sa présence à bord, ce qui lui donne une motivation pour explorer les zones d'ombres autour des attentats. Donc on va se taper tous les arguments favoris des complotistes en évitant de tomber dans la caricature. Christopher Priest est quelqu'un d'intelligent, il s'est documenté, pointe du doigt des éléments troublants, mais se garde bien de prendre parti et histoire que ce soit bien entendu, le dit explicitement en postface.

Pour qui connaît l'auteur, on comprend que sa motivation n'est probablement pas d'élucider ces mystères et encore moins de convaincre les lecteurs qu'il s'est passé ceci ou cela. Le 11 septembre est une occasion bien concrète de se livrer à son exercice favori de réflexion sur la nature de la réalité et la relative importance des faits. Donc on a là des faits que probablement personne ne connaît avec exactitude, une version officielle que l'on choisit ou non de croire mais qui n'est qu'un reflet déformé des faits, à quel point par contre, on ne le sait pas mais il n'est pas interdit de penser que certaines choses ont été volontairement déformées. Et enfin une quantité de théories complotistes plus ou moins fumeuses. Peu importe ce que l'on sait ou ce que l'on croit puisque tout est d'une certaine manière vrai : dès lors qu'une personne croit à une théorie X ou Y, cette croyance implique des conséquences qui elles sont réelles et donc donnent une forme de réalité à la théorie originale. Voilà en gros l'idée du roman. C'est un bon roman, facile d'accès, agréable à lire, mais je pense que ça restera un roman mineur de l'auteur, qui plus est pas vraiment représentatif.
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Chakado
Chakado
DuncanIdaho dit : Ce n'est par contre sans doute pas le roman que je recommanderais en premier à quelqu'un qui souhaiterait découvrir Priest et en particulier son Archipel du Rêve.

Du coup, quand on a lu (et plutôt aimé) Le Monde Inverti, tu recommandes de continuer par quoi ? Je peux attaquer Inclinaison ou il vaut mieux que je lise autre chose d'abord ?

DuncanIdaho
DuncanIdaho
Chakado dit :
DuncanIdaho dit : Ce n'est par contre sans doute pas le roman que je recommanderais en premier à quelqu'un qui souhaiterait découvrir Priest et en particulier son Archipel du Rêve.

Du coup, quand on a lu (et plutôt aimé) Le Monde Inverti, tu recommandes de continuer par quoi ? Je peux attaquer Inclinaison ou il vaut mieux que je lise autre chose d'abord ?

Dans ce qui ne se passe pas dans l'Archipel du Rêve, je conseillerais d'abord le Prestige. On est encore dans le genre d'histoire alambiquée mais où on a le sentiment d'avoir compris à la fin (même si le film est plus explicite). Le style est différent de ce qu'il fait maintenant mais on a déjà les questionnements sur la réalité, la fiabilité du narrateur, et la figure "fraternelle" à travers l'affrontement entre les deux prestidigitateurs.

Plus tard, j'ai pris une claque en lisant la Séparation. C'est une dystopie à l'époque de la seconde guerre mondiale mais si tu as lu le Maître du Haut Château de Dick, tu verras que les deux auteurs n'ont en réalité pas grand chose à voir. Là, deux frères jumeaux sont séparés par la guerre, l'un devient ambulancier à la Croix Rouge et l'autre pilote de bombardier. L'éloignement est tel que les réalités de l'un et l'autre finissent par ne plus être cohérentes entre elles. Là, ça y est, c'est fichu, il faut accepter de ne pas comprendre.

Pour l'archipel du rêve, le mieux est sans doute de commencer par le premier roman qui en parle, la Fontaine pétrifiante. Je soupçonne qu'à l'époque, à part quelques nouvelles qui avaient pu servir de galop d'essai, il ne comptait pas forcément réexploiter le concept. Ca fait longtemps que je ne l'ai pas lu mais là encore, ça avait été une grosse claque.

Je pense que c'est déjà pas mal. Si tu vas jusque là avec l'envie de continuer, j'ai beaucoup aimé les insulaires, l'adjacent et l'inclinaison. Il n'y a pas d'ordre à proprement parler, tu pourrais commencer par ceux-là, mais j'ai eu l'impression en lisant ces trois là que je gagnais à avoir lu d'autres Priest avant pour en profiter pleinement.

J'espère que tu partageras mon enthousiasme car c'est quand même assez particulier !

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Pyjam
Pyjam
Christopher Priest est un auteur des plus singuliers. Il faut que je relise La Fontaine pétrifiante dont j'ai malheureusement tout oublié depuis 30 ans ou plus. J'ai seulement le souvenir d'une atmosphère onirique.
(Ça me changera des parpaings que je lis en ce moment.)
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Chakado
Chakado
DuncanIdaho dit :


J'espère que tu partageras mon enthousiasme car c'est quand même assez particulier !

Merci beaucoup pour tes conseils de lecture que je note soigneusement. Je n'avais pas envisagé de m'attaquer au Prestige, vu que j'ai vu le film et que ça aura forcément une influence sur la découverte du bouquin.
En tout cas tu m'as donné envie d'en lire plus de cet auteur. Aucun souci, j'aime bien le bizarre :-) J'ai eu une grosse période K. Dick étant ado...

DuncanIdaho
DuncanIdaho
Chakado dit :
DuncanIdaho dit :


J'espère que tu partageras mon enthousiasme car c'est quand même assez particulier !

Merci beaucoup pour tes conseils de lecture que je note soigneusement. Je n'avais pas envisagé de m'attaquer au Prestige, vu que j'ai vu le film et que ça aura forcément une influence sur la découverte du bouquin.

De rien :-). Le Prestige, j'avais moi aussi vu le film avant et étonnamment, ça n'a pas l'importance que tu pourrais penser. Le livre ajoute une couche de complexité supplémentaire dans la narration et son intérêt n'est pas vraiment centré sur la révélation finale du film. Si ma mémoire est bonne, ce que tu apprends à la fin du film est d'ailleurs révélé ou du moins suggéré assez tôt dans le livre. Donc en fait, il vaut mieux à mon avis voir le film avant de lire le livre que l'inverse.

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kaiser sauze
kaiser sauze
Finalement avant d entamer Spin je vais attaquer Futu.re car on vient de me l offrir il y a 2 jours pour ma fête(que j avais complètement zappé ). Je viens d attaquer les 180 premières pages le décor est bien planté et l énigme ne devrait pas tarder à démarrer. 
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frayaka
frayaka
Ah le monde inverti ! J'avais adoré ce bouquin ado, et du coup, j'ajoute le prestige dans ma readlist (je ne sais pas si çà se dit mais tant pis). C'est vraiment sympa ce topic
DuncanIdaho
DuncanIdaho
Bon, moi, j'ai commencé les sept morts d'evelyn hardcastle conseillé plus haut par pyjam. Donc c'est comme Clark Ashton Smith, si jamais ça me plaît pas, il y aura représailles :-).
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