Nothing else (but) Alma Mater

9,0
Quand on me demande quel est l'auteur dont je préfère les oeuvres ludiques, je dis Stefan Feld, hésitant parfois avec Lacerda ou Kramer, voire tant d'autres...

Et en fait, quand on voit les titres réalisés par ces auteurs italiens, parfois en solo, à deux, ou tous ensembles, eh bien je me dis qu'en fait ma préférence va vers eux, et finalement, assez largement. Tous les jeux un peu costauds de ces dernières années qui m'ont le plus donné le frisson ludique, à quelques exceptions près, ce sont les leurs.

Et ce "Alma Mater" ne fera pas honte à ses ainés !

Mécaniquement, c'est efficace, bourré d'interactions tout en évitant de rendre ça agressif ou chaotique. Il réussi aussi à proposer une variété des parties plutôt pas mal (et comme ce sont différents types de cartes qui le permettent, il est facile d'augmenter ça, au besoin), reste facile à assimiler tout en étant très stratégique. Et il n'oublie pas cette petite frustration du "il me manque une action / une ressource / une thune pour faire un super coup" que tous les plus grands possèdent. Allez, légère ombre au tableau : le jeu semble bien meilleur à 4.

Le jeu est beau et très lisible et la thématique plutôt bien rendue.
On pourra sourire sur le fait qu'on embauche des professeurs d'université en les payant à coups de livres et de dictionnaires (eh oui : "Questions pour un Champion" existe depuis la Renaissance !).
On regrettera également la présence de femmes dans les illustrations (oh, le gros macho !), vu que, si je ne me trompe pas et puisque nous jouons une partie se déroulant au XV°, les femmes n'ont eu droit à l'université qu'au XIX°. Montrer des étudiantes est donc anachronique, ou, si c'est pour qu'on ne crie pas au scandale de ne voir que des visages d'hommes, une grosse erreur car à mon sens c'est ne pas assumer notre Histoire, mentir ou renier, et ne pas avouer que justement les femmes en ont bavé jusqu'à il n'y a pas longtemps (et on pourrait bien entendu dire que tout n'est pas encore réglé, mais c'est une autre histoire...). A moins que ce ne soit pour pouvoir faire un petit jeu de mot du genre "j'ai croisé une étudiante, Alma mater"...

Le matériel est beau et la courbe d'apprentissage certaine.
N'en jetons plus, voilà un très bon jeu à ne pas rater...

Kommentare (9)

Mi-Bantou
Mi-Bantou
Merci pour cet avis éclairant. Au vu des sensations décrites, mis à part "la thématique plutôt bien rendue", j'ai l'impression de lire celles que j'ai ressenties avec Coimbra des mêmes auteurs (du moins d'une partie d'entre eux). D'où ma question (pour un champion de la critique ludique) : en quoi ces deux jeux diffèrent-ils? Merci d'avance pour ce complément d'éclairage si possible.
limp
limp
J'ai eu une claque monumentale sur Coimbra qui figure assurément dans mon top10 de tous les temps. Celui-ci n'en sera pas loin, mais je n'y ai pas encore joué suffisamment.

Il ne va pas m'être facile de te dire avec beaucoup de précisions ce qui diffère entre ces deux jeux. Le ressenti durant la partie est totalement différent déjà, et c'est limite ce qui prime le plus. Esthétiquement, les deux jeux se rapprochent. Même chose pour l'explication des règles, assez rapides avec pas trop de points partout en tous genre (les livrets ne font que quelques pages).

Mais j'ai trouvé Coimbra plus reposant (ne pas le prendre négativement -ni positivement non plus d'ailleurs ;) ) alors que Alma demande bien plus de calculer ses coups. Sur la première partie, il arrivait à certains d'être bien plus longs à la décision que d'habitude ou à d'autres (enfin, moi, j'avoue) de revenir sur son coup. Sur Coimbra, nous n'avons pas eu ça. Pas forcément qu'il soit plus light, je ne saurais dire...

Quant à Alma Mater, comme je précisais plus haut, même s'il ne révolutionne pas tout (un peu de pose d'ouvriers, du draft lors de la mise en place pour un départ assymétrique, des tuiles et cartes qu'on va acquérir pour obtenir des pouvoirs, une piste sur laquelle monter etc), le final lui donne vraiment une identité propre. L'idée de la gestion de la bibliothèque avec cet argent plus ou moins tournant quand on achète les bouquins des autres joueurs est la petite dose de fraicheur qui égaye encore plus l'ensemble.

Je ne sais pas si je t'ai aidé avec cette réponse, mais je ne saurais quoi dire d'autre... (et merci pour le compliment).
Mi-Bantou
Mi-Bantou
Ah mais oui, ces impressions et descriptions complémentaires m'éclairent tout à fait, merci, aussi pour la réactivité ! Coimbra comptant également parmi les grosses claques de ces deux trois dernières années, et considérant cette belle brochette d'auteurs italiens comme les acteurs plutôt doués de la "Renaissance" du jeu exigeant, "à l'allemande" pourrais-je dire (même si je ne suis pas encore tout à fait à l'aise avec cette définition), je suis quasi certain qu'Alma Mater me procurera bien du plaisir lorsqu'il sera sorti (en VF...ou en VA).
Mi-Bantou
Mi-Bantou
Intrigué, je suis quand même allé voir quelques photos du jeu... Ils sont quand même allés jusqu'à recycler des illustrations de Coimbra pour plusieurs cartes ! OK pour la proximité de l'univers graphiques, mais là, c'est assez poussé. On pourrait croire qu'on a affaire à un jeu de la même gamme...
limp
limp
L'effet "gamme" ne me gêne pas. On voit ça avec Valeria (dont je n'ai conservé que le premier). Et pour la VF, vu que le jeu ne comporte pas de texte (à part 2 ou 3 cartes pour mieux expliquer les pictos, assez parlant. Et puis chaque carte est expliquée dans la règle), pas forcé d'attendre. Il y a même une vidéo explicative en français sur BGG ...
Mi-Bantou
Mi-Bantou
L'effet gamme ne me dérange pas non plus. Je ne connais pas Valeria mais apprécie les Royaumes de l'Ouest, par exemple. Je serais partant pour ne pas attendre la VF mais encore faut-il mettre la main sur la VO... "Mes" boutiques de référence ne la signalent qu'en précommande sans date précise annoncée... Heureusement, avec le temps et la sagesse qui va avec, j'ai appris à patienter ;).
limp
limp
Pour la VO, je peux te dire en mp où l'avoir ;)
Mi-Bantou
Mi-Bantou
Top ! Merci ! Je suis preneur !
limp
limp
5 mois après : as-tu craqué ? Y as-tu joué ? (et si oui, qu'en as-tu pensé ?)
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